Les gués, c'est pas triste
Les enfants trouvent mon titre nul ("BDM", ils ont dit, pour les connaisseurs), mais c'est pourtant vrai. En Islande, dès que l'on quitte la route numéro 1 (celle qui fait le tour du pays), on se met à cahoter sur des pistes de cailloux ou de lave traversées par des rivières. Et la seule façon de traverser ces cours d'eau, vu qu'il n'y a pas de pont, c'est de rouler dedans en voiture. Même si on a loué un gros 4x4, c'est très impressionnant.
Mardi 30 juillet, Pierre-André au volant, nous prenons la direction de Thorsmork, un havre de verdure au fond d'un lit de rivière glacière, sorte de Mecque des randonneurs. Le paysage est grandiose, la route secoue, et voilà qu'on tombe sur notre premier gué. Stop ! En bons intellos, on s'arrête, on étudie l'écoulement de l'eau, la force du courant, la profondeur de la rivière, la résistance qu'exercera la voiture, la vitesse à adopter... Les enfants prennent moins de précautions : "ben, y a qu'à aller tout droit, qu'est-ce que vous attendez?" Et voilà qu'un autre 4x4 arrive en face, à fond les ballons. Sans l'ombre d'une hésitation, il entre dans la rivière, soulève des gerbes d'eau et ressort comme s'il venait de passer un simple dos d'âne. Bon, alors, on y va ? Prudence, prudence, je m'accroche à la portière, Pierre-André fronce les sourcils, les
Cornet-Bipron se gondolent à l'arrière. Et nous voilà sortis, sains et saufs! La manoeuvre se répétera une douzaine de fois jusqu'à Thorsmork, avec parfois une trentaine de mètres à franchir, avec de l'eau jusqu'en haut des roues.
Pour le dernier, on ne tente pas le diable. La Krossa river, juste avant Thorsmork, est réputée si difficile à franchir qu'un bus (très) haut perché passe prendre les voyageurs. Nous laissons donc notre voiture sur le bord de la route et grimpons dans ce bus tout terrain au chauffeur zen, qui lève le pouce sous les applaudissements de ses voyageurs, une fois le gué traversé.
Ouf, destination atteinte. Nous voilà dans un gîte de montagne, pour une nuit ponctuée de ronflements (23 dans un petit chalet, des matelas crasseux par terre). Mais le lieu est magnifique et la rando du lendemain sera grandiose, avec ciel bleu et vue sur 3 volcans. Au retour, re-bus héroïque et re-gués en 4x4. Pierre-André, qui s'amuse mine de rien, prend de l'assurance, une grosse vague éclabousse le capot, je crie, les enfants hurlent de rire. Quelques kilomètres plus loin, une fois revenus sur les bonnes vieilles routes goudronnées, Paul se rendra compte qu'une plaque d'immatriculation a disparu. Emportée par les flots. Un grand classique, nous expliquera un Islandais, qui dit que les policiers n'y font même plus attention...
Sandrine
Bravo! De vrais aventuriers!!Quand nous au Canada les enfants hésitent à gouter un cheesecake!!!
RépondreSupprimerIsa